Mémoires

Titre du film : Mémoires
Production : Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière
Année : 1999
Genre : documentaire/film de photographies
Pratique d’un mémoire de fin d’études intitulé : Photographie et cinéma : dialectique du film de photographies
Rencontres Internationales vidéo de Cabestany 1999

Résumé du film
Thèmes : immigration tamoule

Evocation d'instants de vie d'une famille d'émigrés tamouls de la banlieue parisienne (Grigny). Au travers de scènes de la vie quotidienne, il s'agit de tenter de sentir une réalité: celle de l'identité, de la mémoire et du passé.

Données artistiques
Réalisation : Delphine de Blic
Photographies : Julie Béziau, Delphine de Blic

Données techniques
Durée : 13 min
Support de prise de vue : Bétacam, banc-titre
Support de diffusion : Vidéo
Format de projection : Vidéo
Format du cadre / ratio image : 1.33
Format du son / ratio son : Stéréo
Vitesse de projection : 25 images/s
Procédé : Couleur

Mémoires

Photographie et cinéma : dialectique du film de photographies
Narration and fixed picture : The photographic movie

Photographie et cinéma : dialectique du film de photographies
Histoires de photographie et histoires de cinéma... On pourrait ainsi lapidairement résumer notre objet. Mais il nous faut être d'emblée plus explicite. Il s'agit donc, plus exactement, de la question suivante: comment la photographie pourrait-elle, tout en gardant sa part d'autonomie et sa spécificité, s'ouvrir à un champ d'expression multiple par le biais du cinématographe?

Les rapports entre les deux médiums sont, bien évidemment, envisageables selon divers points de vue et questionnements. Il y a une multiplicité des enjeux impliqués par la présence de la photographie au sein d'une pratique artistique, qui la renie et l'exalte à la fois. C'est cette complexité que l'on s'efforcera d'éclaircir, sans prétendre bien sûr être exhaustif.

Chronophotographie, photographies de tournage et de plateau, cinéma fait par des photographes, photo-romans, ciné-romans, le recensement des diverses formes de télescopage entre photographie et cinéma semble pointer un usage courant de ces pratiques doubles. Utilisée à des fins diégétiques, thématiques ou formelles, la photographie est sans cesse écartelée entre la logique visant à approfondir ce qu'elle est, et la logique de ce qu'elle peut tendre à être: du cinéma. Toutefois, il est une forme plus particulière, où ce "tourment" semble atteindre son apogée. Cette forme particulière, et qui sera l'objet de cette étude, c'est le film de photographies: la photographie, comme instance formelle et structurelle du film.

C'est en analysant précisément les modalités spécifiques d'un tel fonctionnement et en éclairant, de notre point de vue, à la fois les arcanes des dispositifs filmique et photographique, que l'on tentera de saisir ce qui fait l'essence du film de photographies.

Dans un premier temps, on dégagera ce qui a trait à la matière première du signifiant cinématographique, par l'analyse et la comparaison scrupuleuse des paramètres constitutifs du photogramme et de la photographie. C'est en allant au plus près de la représentation, par ce parallèle méthodique, que l'on pourra tenter de découvrir les fondements théoriques et l'architecture concrète permettant la compréhension du mécanisme signifiant du film de photographies.

L'interprétation de ces données nous amènera alors au centre de notre réflexion: est-ce plutôt vers la photographie que tend le film de photographies, ou est-ce plutôt vers le cinéma? Ce questionnement sera résumé ici selon une formulation spécifique, que l'on expliquera à terme: le film de photographies tend-il plutôt vers "l'effet-diapositive" ou vers "l'effet-fiction"? Ce qui nous donnera nos deux parties suivantes.

Dans l'une, il s'agira de voir si le film de photographies "fait" photographie. Si cela est avéré, il y aurait alors, selon certains théoriciens, "effet-diapositive". Mais on verra que cet effet révèle des contradictions l'amenant à un certain niveau de subtilité.

Dans l'autre, on se demandera si le film de photographies "fait" cinéma. Si cela est vérifié, il y aurait alors, selon d'autres analystes, "effet-fiction". A son tour, cet effet engendrera peut-être un certain dépassement. Ainsi sera menée à son terme la présente réflexion.

Muni de ces acquis, nous la prolongerons par sa confrontation avec la pratique: la réalisation d'un film de photographies.

Narration and fixed picture : the photographic movie

Relations between cinema and photography can be considered from many points of view: chronophotography, shooting and set pictures, photograph's movies, films with photographic subject and finally film with a photographic form which will be our interest.

The movie with a photographic form or photographic movie (also called cine-novel by Chris Marker) brings into play all of a codified system reported to narration. What is specific about this kind of writing? Could it be related to a more litterary narrativ form as the photo-novel? This kind of movie has a particular status, because of the particularities of its picture-track and of its sound-track. A theoric study of the photographic movie brings us back to the notion -essential- of the reconstruction of the movment and, by this way, to a modified relation of space and time; to a concept which is the base of this research: the photogram, or the idea of a founder snapshot. So, the photographic movie "brings up to date something usely denied (the photogram) or cloaked (the operation of production of the movment), shows the work of the movie about the movment and forces the spectator to become conscious of the role he is himself playing (as a perceiving subject) in his production". From that time, how is working this particular perception? How is created that link between a photographic sequence and a filmic sequence? What is, in there, the aesthetic and theoric status of the photography?

The photographic movie has been the occasion for different experiences which, everytime, oscillate between cinematographic and photographic scope. Some famous photographers had a try at that kind of writing such as Xavier Lambours, Marie-Paule, Keïchi Tahara, Valérie Winckler...or directors such as Agnès Varda, Chris Marker, Raoul Ruiz...Thanks to these examples and others to be defined, and to account precisely for the singularity of the photographic movie, a part of this research will study the more and less apparent signs in the notions of enounciation and narration. Interviews with photographers and directors will complete my study.

To realize what is engaged in the photographic movie, there is as a preliminary to admitt a strong and obvious relation between photography and cinema. "The cinema includes as it displaced it, a consideration on photography (.../...) Continuity, complicity between photo and cinema asserted from a long time..."

But one can't allow oneself to advance such an evidence: there is to analyse the common bases and concrete differences on the which the photographic report and the cinema rely. The very base of the cinema is necessary for this, that is to say the filmic rest made of small fixed photos: the photograms. As we will see it, the photogram has a very particular statute. "Neither photo nor cinema, the photogram has a completly different role from its "neighbours". It is an imaged text which has a meaning in his only context, a passer-by who lives only by passing." Then, our interest will be, in a more restricted and precise way, the relation photography/photogram. Always making a comparaison between these two precise notions, this will be the way to understand the photographic movie, which rest on a fundamental contradiction which will have to be cleared up.

My experimental project is to realize a photographic movie. That will be a documentary film about a emigrated family from Tamil Nadu (south of India) who lives in the suburb of Paris: Grigny.

Pour plus de renseignements et de textes au sujet de cette étude, prendre contact avec l’auteur.